En Ile-de-France, les acteurs publics et privés de l’énergie, des déchets et des territoires se mobilisent pour structurer des filières complémentaires à la méthanisation et accélérer le développement des gaz verts.
Ces nouvelles filières permettent de valoriser une grande diversité de gisements, qu’il s’agisse de matières simples ou plus complexes, tout en contribuant à réduire la part des déchets destinés à l’enfouissement ou à l’incinération. Elles permettent de transformer davantage de ressources locales en énergie renouvelable, au service des territoires.
Un cadre collectif : le Cercle francilien des nouveaux gaz verts*
Lancé en 2024, le Cercle francilien des nouveaux gaz verts fédère une quinzaine d’acteurs publics et privés pour lever les freins techniques, économiques et réglementaires, partager les retours d’expérience et faire émerger des projets à l’échelle régionale. Son objectif est de structurer la filière, créer des synergies et accélérer le passage à l’industrialisation.
Crédits : Gregory Brandel
Une trajectoire crédible en France et en Île-de-France
En France, la méthanisation a déjà démontré sa capacité à monter en puissance : fin 2025, près de 800 sites produisent environ 15,5 TWh de biométhane, générant de la valeur et des emplois au cœur des territoires. Cette dynamique constitue un socle solide pour atteindre les objectifs nationaux de développement des gaz renouvelables à horizon 2030 et 2050.
Chez GRDF, cette ambition s’inscrit pleinement dans notre projet d’entreprise Mission Décarbonation, notamment avec la multiplication par 5 de la production de gaz verts d'ici 2030.
En Île-de-France, l’enjeu est désormais d’élargir le champ des ressources mobilisables, au-delà des gisements déjà valorisés par la méthanisation. Les études prospectives de 2022 co-financées par l’ADEME mettent ainsi en évidence plus de 1,2 million de tonnes de déchets résiduels valorisables par procédé thermochimique. Un gisement aujourd’hui non exploité, qui justifie l’accélération sur des filières complémentaires et la structuration collective portée par le Cercle francilien des nouveaux gaz verts.
Quatre enjeux majeurs
Lors de la Journée francilienne des nouveaux gaz verts ayant eu lieu le 25 novembre dernier, quatre messages clés ont été portés par le Cercle :
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Les déchets sont une ressource stratégique
La pyrogazéification et la gazéification hydrothermale permettent de valoriser des déchets aujourd’hui peu ou pas exploitables par les filières existantes. Elles ouvrent l’accès à de nouveaux gisements, améliorent la gestion des déchets et limitent le recours à l’incinération ou à l’enfouissement. En complément de la méthanisation, ces technologies contribuent à renforcer la capacité des territoires à atteindre leurs objectifs de décarbonation. -
Le rôle décisif des territoires
Acceptabilité, foncier, raccordements, insertion paysagère, boucles locales d’usage (chaleur, industrie, mobilité). La réussite des projets repose sur une co-construction avec les collectivités, syndicats de déchets, acteurs de l’eau et de l’assainissement, énergéticiens et financeurs. La décarbonation est une démarche collective. -
Création de valeur locale et acceptabilité
La filière biométhane a déjà démontré sa capacité à créer des emplois ancrés localement, à soutenir les écosystèmes économiques de proximité et à renforcer la souveraineté énergétique. Le développement des nouveaux gaz verts constitue donc un enjeu majeur pour les territoires aux retombées économiques, sociétales et environnementales positives.
Cette création de valeur tangible améliore l’acceptabilité des projets : plus les bénéfices territoriaux, économique et environnementaux sont visibles et les impacts maîtrisés (qualité de l’air, nuisances, insertion paysagère), plus l’adhésion locale progresse, en particulier autour des sites de production. -
Accélérer à grande échelle
La région Île-de-France dispose aujourd’hui des technologies, des retours d’expérience et des partenariats nécessaires, nous permettant de passer à une logique d’industrialisation, de massification, tout en veillant à la cohérence avec les politiques publiques et la planification énergétique.
Et maintenant ?
La journée francilienne des nouveaux gaz verts a marqué un point d’étape essentiel : les besoins, les attentes et les leviers de passage à l’échelle sont désormais clairement identifiés. Les échanges ont fait émerger des priorités communes et des pistes d’actions concrètes pour transformer le potentiel régional en projets opérationnels.
La suite consiste à capitaliser sur cette dynamique : accompagner les projets en réflexion, sécuriser les conditions de déploiement (cadre, financement, raccordement, foncier) et mutualiser les retours d’expérience.
Le Cercle francilien des nouveaux gaz verts poursuit cet élan collectif en facilitant les mises en relation, en partageant les enseignements terrain et en accompagnant les acteurs dans l’émergence de leur projet.
* Signataires du Cercle des nouveaux gaz verts : GRDF, NaTran, l’Institut Paris Région, son département Déchets (Ordif), son département Energie (AREC IDF), Banque des Territoires, Sigeif, SDESM, SDESM énergies, ATEE IDF, France Gaz Île-de-France Normandie, Groupe ADP, SUEZ, Semardel, Syctom, Véolia.